16.10.2011
Les Indignés : Les Russes aussi sont concernés
Les Russes aussi sont concernés
Les citoyens de Russie, confrontés eux aussi à la "rapacité" et à la "corruption" des élites, sont concernés par la mobilisation du 15 octobre, estime un expert en économie. Selon lui, leur "passivité" est un mythe.
14.10.2011 | Alexeï Mikhaïlov, (EPIcentre, Centre d'études économiques et politiques) | Gazeta.ru
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L'article original (en russe).
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Selon la carte Google diffusée par le mouvement du 15 octobre, des événements sont prévus en Russie.
"Occupy Wall Street est un mouvement de résistance de gens de diverses couleurs, sexes et convictions politiques, sans meneurs. La seule chose que nous avons tous en commun, c'est d'être ces 99% qui se refusent à tolérer plus longtemps la rapacité et la corruption des 1% restant. Nous employons la tactique révolutionnaire du printemps arabe pour atteindre nos objectifs et prônons la non-violence afin d'assurer une sécurité maximum de tous les participants". Voilà ce que veulent et ce qui distingue les manifestants new-yorkais.
Il s'agit d'un mouvement de protestation contre l'aide publique accordée aux grandes entreprises et aux banques, avec de l'argent prélevé sur le budget de l'Etat ou émis par le biais d'obligations qui vont engendrer de l'inflation. Ces gens sentent bien que quelque chose ne tourne pas rond. Les banquiers touchent à nouveau d'énormes bonus, tandis que le citoyen ordinaire ne se sort toujours pas de ses problèmes d'emploi, de salaire, de remboursements de crédits avec leurs taux d'intérêts qui grimpent. Ils veulent que le personnel politique et les banquiers entendent cette idée simple : "Ça ne peut plus durer". Quant à indiquer des solutions, ce n'est pas le problème du mouvement. Il se contente de faire du bruit et d'exprimer des revendications.
Honnêtement, cher lecteur, ne vous sentez-vous pas d'accord avec eux ? Bien sûr que si. Car nous faisons tous partie de ces fameux 99%. Et cela ne vaut pas uniquement pour notre pays, où il n'est nul besoin de chercher longtemps des exemples de rapacité et de corruption. La situation est la même dans le monde entier.
Comment un mouvement peut-il exister sans leaders ni programme, sans être dûment enregistré auprès des instances officielles ? Cela vous paraît incroyable ? C'est pourtant la nouveauté majeure dans la vie publique de cette dernière décennie sur la planète. C'est la particularité des mouvements de masse du XXIe siècle. Autant vous y habituer, car désormais ils seront tous comme cela. L'ère des partis et mouvements autorisés n'est pas encore close, mais la tradition parlementaire va de plus en plus se tourner vers ces nouveaux courants informels, dont les politiciens intelligents vont reprendre les slogans.
L'action mondiale de solidarité prévue le 15 octobre devrait concerner des dizaines de villes aux Etats-Unis, mais aussi de nombreux pays sur tous les continents. En Russie, une page dédiée a été créée sur [le réseau social] VKontaktié, ceux qu'elle intéresse la trouveront sans peine.
On le sait désormais, il est possible de mobiliser une "foule intelligente" avec Internet et des SMS, à condition de choisir un bon slogan et de réussir le premier rassemblement. Car ensuite, cette foule est capable de se débrouiller seule. Elle se réunit autour d'une idée simple et claire, qui doit être à la fois originale et élégamment déclinée. Les autorités ont alors beaucoup de mal à lutter. Si elles savent combattre un adversaire classique, par des arrestations et de la répression, elles n'ont pas de solution face aux smart mobs, aussi insaisissables qu'une tempête de neige. Ni la police, ni les services secrets, ni l'armée ne sont efficaces. La veille ou le lendemain d'un tel événement, on ne peut deviner que quelque chose se prépare ou a eu lieu. Pourtant, ces mouvements montrent que les révolutions, comme il y a un siècle, se font dans la rue. Les nouvelles technologies nous procurent les moyens de s'organiser plus vite et mieux. Mais si on veut changer les choses, il faut, comme avant, quitter son canapé et descendre dans la rue.
On prétend qu'en Russie, la population n'est pas encline à la protestation sociale, à passer d'un impuissant "Pourquoi eux..." à un impatient "Ça suffit !" On nous dit que "le peuple se tait" [citation célèbre tirée de l'opéra Boris Godounov de Moussorgski, inspiré par Pouchkine]. C'est complètement faux.
Qu'est-ce qui a précipité la chute de l'URSS et du PCUS en 1991 ? La catastrophe financière, la réforme des prix, et la tentative de putsch ? Ces trois coups successifs ont révolté la population et l'ont fait descendre dans la rue. Tout cela en l'espace de 7 mois. Le pouvoir et l'Etat n'y ont pas résisté. Ce fut la "révolution de velours" de 1991. Or, un an auparavant, un tel scénario relevait de la science-fiction, et personne ne l'avait envisagé. Les Russes sont longs à démarrer, mais après, ils foncent.
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18:54 Publié dans les indignés | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : les indignés, appel mondial, les russes, concernés










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